Avant

un adieu à la vie

Une vache et un taureau se retrouvent devant l’abattoir. Elle fut laitière contrainte d’abandonner ses veaux pour tenir ses objectifs de rendement. Il fut mâle certes, mais pas reproducteur, et dut se contenter de jouer les fiers-à-bras sans connaître les émois de la saillie. Entre le taureau puceau et la mère indigne une amitié se tisse, et avec elle la tentation soudaine de vouloir tout connaître encore, tout réparer de leur vie incomplète: et si on faisait l’amour ? et si on prenait la fuite ? Dans la file des bêtes qui attendent leur fin prochaine, le compte à rebours est engagé. Si les condamnés à mort veulent s’échapper, il faut qu’ils le fassent vite.

Avant a été lu en Première mondiale en avril 2017 au Théâtre de Vidy, dans le cadre du festival Être bête(s)

texte Antoine Jaccoud
avec Marthe Keller, Mathieu Amalric

City Club, Pully (CH) | 26 novembre 2017
Casino-Théâtre, Le Locle (CH) | 25 novembre 2017
Théâtre de Vidy, Lausanne (CH) | 26 avril 2017

Où en sommes-nous ? Cela avance ? Vous voyez quelque chose ?

Une dizaine encore. Les Holstein sont parties.

Pauvre nièce, elle qui aimait tellement le printemps.

Il aurait fallu mugir. Il aurait fallu se révolter. Il aurait fallu donner de la corne.

Vous pensez que ça va faire mal ?

Je pense qu’ils nous étourdirons d’abord, et qu’ensuite nous ne nous rendrons compte de rien.

Et si nous ne sommes pas complètement étourdis ? Si un de leurs employés fait mal son boulot? Cela s’est vu. Il n’y a pas que des virtuoses dans ce business.

Alors il faudra fermer les yeux et penser à autre chose, Monsieur Furioso.

A quoi voulez-vous que nous pensions dans un moment pareil ?

(Avant, extrait)